R comme Renoir

Sérieusement blessé à la jambe le 27 avril 1915 dans les Vosges, le sous-lieutenant Jean Renoir est évacué et hospitalisé à Gérardmer. Le futur cinéaste était à cette époque affecté au 6e bataillon alpin de chasseurs à pied. Grâce au contrôle nominatif établi par son régiment à partir des listes de blessés transmises par les formations sanitaires, on parvient à retrouver la durée de son séjour et les dates exactes de son passage. 

SAMHA, Registre des entrées de l'hôpital d’origine des étapes 31/2
pour la période du 15 juin au 10 juillet 1915

Tenus pour les militaires des corps de troupe, ces contrôles relatent nominativement tous les malades présents à l’hôpital au 1er jour du trimestre et ceux qui y sont entrés pendant les trois mois avec l’indication des mutations.

SAMHA, Détail du contrôle nominatif
du 6e bataillon alpin de chasseurs à pied

De fait, parmi les malades traités dans les formations sanitaires pendant le 2e trimestre 1915, la présence de Jean Renoir à l’hôpital d’origine des étapes 31/2 de la 7e armée est bien mentionnée du 28 au 30 avril. Ces registres précisent en outre si le militaire est hospitalisé pour maladie (M) ou suite à une blessure (B).

SAMHA, Enregistrement de Jean Renoir dans le registre d'entrée
de l'hôpital d’origine des étapes 31/2 de la 7e armée

Dans l’ouvrage que le cinéaste consacre à son père, Pierre-Auguste Renoir, on apprend que le professeur Laroyenne, devenu chef de l'hôpital complémentaire d’armée de Gérardmer sauva Renoir de l’amputation en drainant la plaie avec une circulation d’eau distillée, ce qui ne l’empêchera pas de claudiquer sa vie durant. 

Le centre des archives du personnel militaire (CAPM) conserve au sein de la caserne Bernadotte à Pau toutes les citations, individuelles et collectives, de l’armée de terre depuis 1914. Ces sources peuvent également s’avérer très utiles pour préciser les circonstances des blessures.
Jean Renoir obtient cette citation peu après sa blessure : « Officier extrêmement courageux et de très belle tenue au feu. S’est dépensé sans compter dans l’organisation défensive d’une position. A conduit une reconnaissance ayant pour but la démolition d’une chapelle occupée par l’ennemi. A réussi en partie dans cette action et a été blessé à la cuisse. »[1]


[1]  CPAM Pau. Citation du sous-lieutenant Jean Renoir à l’ordre de la 47e division, au QG, 11 mai 1915, signé général d’Arnaud de Pouydraguin.

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