J comme Jugon

« Je suis certainement le plus grièvement blessé, évacuez les autres d'abord... et pensez à moi ensuite si vous avez le temps » ces quelques mots écrits par le caporal Jugon ont été remis à un aumônier sur le champ de bataille au début de la guerre.

http://www.histoire-image.org/etudes/traite-versailles?i=112
Sophie DELAPORTE, « Le traité de Versailles »,
Histoire par l'image
Il n’est pas question ici de dresser le portrait d’Albert Jugon, disponible par ailleurs sur le site de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur parmi ceux de Christophe Philippe Oberkampf, Jean Mermoz, René Char et autres décorés, mais juste de rappeler sa présence emblématique à Versailles le 28 juin 1919, au sein de la délégation des Gueules cassées.

À l’initiative de Clemenceau cinq blessés de la face ont participé à la cérémonie de signature du traité de Versailles ; il s’agissait de militaires en traitement à l'hôpital du Val-de-Grâce désignés parmi les 200 mutilés du visage qui s’y trouvaient encore au lendemain du conflit.

Comme le rappelle Sophie Delaporte, grande spécialiste de la question, c'est le médecin-chef Hippolyte Morestin qui proposa à Albert Jugon, l’un des plus anciens blessés maxillo-faciaux de son service, de faire partie de cette délégation.

Tombe individuelle d'Albert Jugon
Cimetières de France et d’ailleurs
©Photo Philippe Landru

Celui qui pensait aux autres d’abord s’est éteint le 27 avril 1959 et repose au cimetière de Moussy-le-Vieux au milieu de ses camarades.

Pour qui s'intéresse aux « Gueules cassées », ce petit cimetière est une source à part entière en forme d'hommage. Les « Gueules cassées » avaient acheté le Château de Moussy-le-Vieux, proche de Roissy-en-France qui a fermé ses portes depuis juillet 2014.

Ils y venaient en convalescence entre chacune des multiples interventions chirurgicales qu’ils avaient à subir, ou vivre à l’abri des regards.

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