Y comme Yonne

En 2010, j'avais envisagé un temps de consacrer mon Master 2 en technologies numériques à la réalisation d’un modèle XML, afin de définir un ensemble de règles applicables aux pièces matricules(1), pour faciliter l’interopérabilité des données dans le cadre du protocole OAI-PMH. Mais, il y a quatre ans, cette question ne semblait pas pouvoir déboucher rapidement sur un projet concret !

En autorisant la mise en ligne et l’indexation, par les Archives départementales et les Archives nationales d’outre-mer, des registres matricules du recrutement militaire jusqu’à la classe 1921, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a ouvert la voie aux Poilus sur internet... en les plaçant au cœur du dispositif des commémorations du Centenaire(2).

Page d'accueil des Archives départementales de l'Yonne

Lorsqu'en janvier dernier j'ai écrit « Il faut commémorer le soldat Daulier "Mort pour la France" », le département de l’Yonne faisait partie de la vingtaine de sites d’archives qui avait mis en ligne les fiches matricules de la période de la Grande Guerre... Six mois plus tard, de plus en plus de départements ont publié sur internet ces précieuses ressources (Voir La carte de France des registres matricules en ligne sur GénéInfos).

En effet, le registre matricule est la principale source permettant de détailler le parcours des combattants français pendant la Grande Guerre, qu’ils soient appelés, hommes du rang ou encore sous-officiers. Et comme cela l'a été rappelé à plusieurs reprises lors de ce challenge, les renseignements débordent largement le cadre strictement militaire puisqu'on y trouve l’état civil du soldat, mais aussi son « signalement », c'est-à-dire sa description physique.

Détail du feuillet matriculaire d'Albert Daulier conservé aux AD de l'Yonne (1 R 660)

Bien que né à Paris, en 1883, Albert Daulier a été incorporé dans l’Yonne, berceau de sa famille maternelle. Grâce au feuillet matriculaire on retrouve ses corps d’affectations successifs ainsi que les localités où il a habité. Et on y trouve bien sûr le détail de ses campagnes. 

Détail du feuillet matriculaire d'Albert Daulier conservé aux AD de l'Yonne (1 R 660)
Engagé volontaire le 17 février 1902 pour cinq ans dans le 1er RIC, il est finalement réformé le 27 janvier 1906. Au moment de la déclaration de la guerre il est placé dans la réserve de l’armée d’active, qui dure 11 ans depuis la loi de mars 1905. À la veille de la guerre, la loi du 7 août 1913 porte à 28 ans l’ensemble des obligations militaires. Rappelé à l’activité le 18 décembre 1914 dans le 82e régiment d’infanterie, Albert Daulier est finalement passé au 169e RI le 21 mai 1915 quelques jours avant sa disparition...

Mais j'aurai l'occasion de revenir sur l'exemple du soldat Daulier, sur l'indexation collaborative ainsi que sur l'ensemble des sources permettant de retracer le parcours d'un Poilu, à l'occasion d'une conférence lors du forum national de généalogie Géné@2014, et je suis très reconnaissante à la Fédération française de généalogie pour son invitation.


(1) Les pièces matricules sont conservées dans de nombreux services d’archives ne relevant pas des mêmes institutions, ce qui rend l’interopérabilité des données d’autant plus souhaitable.
(2) Par la délibération n° 2013-281 du 10 octobre 2013, la CNIL a en outre autorisé la constitution, à partir des bases d’indexation départementales, d’une base nationale dont la consultation renverra aux fichiers images des registres matricules hébergés par les départements.  


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