Mourir ou ne pas mourir… pour la France ?

En 2015, le ministère de la Culture et de la Communication a inscrit au titre des Commémorations nationales le centenaire de la mention « Mort pour la France », instituée par la loi du 2 juillet 1915. Plus de 1,3 million de militaires français décédés au cours de la Première Guerre mondiale ont obtenu cette mention, portée sur leur acte de décès.

Monument aux morts de Saint-Sever réalisé par Edmond Chrétien
Depuis la publication en novembre 2003 du fichier des « Morts pour la France » sur le site Mémoire des Hommes, la base de données s’est enrichie d’environ 1000 « morts » pour lesquels il a été possible de faire un lien direct entre la cause du décès et un fait de guerre. 

Ces nouvelles fiches correspondent en partie aux dossiers instruits ces dernières années par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de Caen, en vertu du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre. 

Les Mosellans dans la Grande Guerre 


Durant la Première Guerre mondiale, les Alsaciens-Lorrains sont majoritairement mobilisés dans les armées du Reich. Il n’en reste pas moins qu’une partie d'entre eux sert dans l'armée française. De nombreux soldats s'engagèrent en effet sous un nom d'emprunt avant le 5 août 1914, date de la promulgation d'une loi française accordant la naturalisation immédiate aux volontaires alsaciens-lorrains ; on estime leur nombre entre 17000 et 25000. 

Dans les trois départements annexés depuis 1871 à l’Empire allemand (Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle), on dénombre 380000 mobilisés dont 50000 morts et 125000 blessés. Parmi eux, il est difficile de déterminer avec précision le nombre des Mosellans incorporés sous les drapeaux allemands et de surcroît français. Dès lors, il semble plus aisé de dénombrer les soldats nés en Moselle et morts au combat au cours de la Grande Guerre

Les archives de la Moselle recensent 
les morts de la Grande Guerre,
publié en 2011 sur le site de la RFG
Pour cela, l’enquête menée dans les années 1920 par le curé de Réning, l'abbé Louis Weber, constitue une bonne base de départ et a permis une première estimation autour de 17000 combattants mosellans tués en 1914-1918, en comptant natifs et résidents.

Après vérification des données manuscrites et comparaison avec les autres sources aujourd’hui disponibles (registres matricules, état civil, livre d’or du souvenir français, fiches des #MPLF, etc.), les archives départementales de la Moselle ont pu établir une nouvelle liste de plus de 15900 individus, dont 3500 natifs « d’ailleurs » (Alsace, France, « Vieille-Allemagne ») . 

On y dénombre 1538 soldats, soient environ 10 % des morts mosellans, tous natifs du département actuel, tombés sous l’uniforme français.

Dans l’état actuel de l’indexation du site Mémoire des Hommes, il est possible d’identifier 980 militaires ou victimes civiles originaires de Moselle, dont 896 ont obtenu la mention « Mort pour la France ». La publication en novembre 2014 du fichier des « non morts pour la France » a permis d’enrichir le site de 83 Mosellans supplémentaires. Dans un cas seulement, la mention reste « non statuée » ; il s’agit du général Frédéric Henry Micheler né à Phalsbourg et décédé le 15 août 1917 à Lyon.

Fiche détail de Frédéric Henry Micheler
publiée sur le site Mémoire des Hommes
Qu’en est-il pour cet officier général qui a opté pour la nationalité française le 1er juin 1872. Est-il mort ou non mort pour la France ? Et où sont passés les 558 combattants mosellans non retrouvés sur le site Mémoire des Hommes ? Sont-ils définitivement « perdus pour la France » ou sera-t-il possible à terme de retracer leur parcours militaire, notamment grâce au Grand Mémorial ?

Réponse(s) le lundi 15 juin 2015... dans le cadre des « Conférences des Généalogiques » qui se tiendront à l’Espace Reuilly (Paris 12e) !

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